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Préserver la fertilité des sols

Résumé : 

La Guyane tente de préserver la fertilité de ses sols en finançant plusieurs Groupes opérationnels (GO) du Partenariat européen pour l'innovation (PEI) sur le sujet, pour la période 2016 à 2018. Présentation de Guyafer 2 et Guyagroforesterie, deux projets agro-écologiques qui donnent aux agriculteurs les moyens de produire plus durablement.

La Guyane est un territoire boisé dont la fertilité des sols tient notamment à la présence du couvert forestier. En lien avec le Réseau d'innovation et de transfert agricole (RITA), des actions de terrain y sont développées dans les domaines de l’agro-écologie et de l’agroforesterie, pour préserver l’écosystème tropical. En effet, la population guyanaise devrait doubler d’ici à 2030. Il est donc essentiel de préserver la santé des sols pour permettre des productions durables. Le projet Guyafer 2, porté par l’institut de recherche Solicaz, tente ainsi de réduire l’utilisation des intrants chimiques en favorisant l’utilisation des matières organiques comme le charbon, le Bois raméal fragmenté (BRF), le compost ou les plantes de service. « Il faut nourrir les sols pour nourrir les cultures », souligne William MONTAIGNE de Solicaz. Après une première phase 2013-2015 qui a permis de mesurer l’impact de l’introduction des matières organiques via des analyses microbiologiques des sols, Guyafer 2 va tenter de déterminer les combinaisons de matière organique les plus efficaces.

Solicaz intervient également dans le groupe opérationnel Guyagroforesterie, porté par Guyane Forest Initiative, qui tente de récolter des données sur les bienfaits de l’agroforesterie en développant des parcelles expérimentales dans certains élevages (ovins et bovins) et vergers en intégrant notamment des arbres fixateurs d’azote. A terme, ce projet doit permettre aux agriculteurs d’avoir accès à l’ensemble des informations nécessaires pour mettre en place le système d’agroforesterie adapté à leurs besoins.

 

Développer un chaînon entre les institutions

L'association d'acteurs de la recherche et d'acteurs de terrain propre au PEI complète la dimension du transfert de connaissances aux agriculteurs, qui est au cœur de l'activité du RITA. « Il faut que les résultats des expérimentations puissent être transférés et appliqués dans le monde agricole » souligne William MONTAIGNE de Solicaz. Les projets ne se cantonnent donc pas à des collectes de données. Solicaz publie ainsi des guides et organise des sessions de formations à destination des agriculteurs. Guyane Forest initiative invite les agriculteurs, élèves des centres de formation et techniciens à venir visiter des parcelles de démonstration qui présentent les bienfaits de l’agroforesterie.

L’ensemble de ces actions ne serait pas possible sans la création d’un réseau d’acteurs. « Il y a un manque de structuration au niveau agricole en Guyane. C’est difficile de faire de la recherche et du transfert de connaissance car les structures qui existent ont des ressources limitées. Le RITA permet de libérer des fonds pour réaliser des actions de terrain » souligne Elsa OBERLIS du projet Guyagroforesterie.

 

La dynamique PEI en Guyane

Le Partenariat européen pour l'innovation (PEI) vient en complément du Réseau d’Innovation et de Transfert Agricoles (RITA), lancé en 2012 et qui a entamé sa deuxième phase en Guyane depuis 2016.

Avec une enveloppe de 2,8 millions d’euros, le RITA tente de favoriser le transfert de technologie et/ou la diffusion des connaissances vers le tissu économique agricole et agro-alimentaire et rejoint les objectifs du PEI dont le fonctionnement est basé sur la coopération et la recherche de synergie « pour la productivité et le caractère durable de l’agriculture ».

Les opérations dureront de 2016 à 2018 et permettront de collecter des données sur différents secteurs (élevage, fruits et légumes, gestion de la fertilité des sols) afin de favoriser le développement de l’agro-écologie.



Crédit photo : Solicaz